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Please use this identifier to cite or link to this item: http://hdl.handle.net/1942/21443

Title: La participation électorale réelle et potentielle
Authors: De Winter, Lieven
Ackaert, Johan
Meulewaeter, Conrad
Dumont, Patrick
Issue Date: 2014
Publisher: Presses universitaires de Louvain
Citation: Baudewyns, Pierre (Ed.). Être électeur en Wallonie. Le comportement électoral des Wallons lors des élections législatives de 2007 et de 2010, p. 57-75
Abstract: Certains auteurs considèrent la participation électorale comme un élément crucial pour le bon fonctionnement de la démocratie. Pour qu’un système politique soit légitime, il ne suffit pas que le principe du suffrage universel soit formellement reconnu (il constitue une condition nécessaire, mais pas suffisante), il faut également qu’un grand nombre de citoyens utilisent effectivement ce droit. Un Gouvernement élu par une petite fraction de la population ne peut jouir d’une grande légitimité démocratique. Outre un problème de légitimité, une faible participation électorale pose également la question de l’égalité politique. Dans la plupart des cas, les électeurs qui se rendent aux urnes dans les systèmes où le vote n’est pas obligatoire ne sont pas représentatifs de l’ensemble des citoyens. En effet, comme nous avons pu le montrer dans nos analyses bivariées, les électeurs qui déclarent vouloir continuer à s’exprimer dans l’isoloir si le vote n’était plus obligatoire sont, en moyenne mais de manière systé- matique, mieux instruits et plus aisés que ceux qui tiennent moins à faire valoir leur droit de vote. La non-participation électorale reflète ainsi une exclusion du système social au sens plus large, un isolement social qui provoque un manque d’intérêt pour la vie en société, y compris les affaires publiques, mais aussi une mauvaise compré- hension des enjeux qui ne fait que renforcer ce phénomène d’absentéisme électoral. La seule manière d’éliminer ce biais agissant au détriment des électeurs moins favorisés est d’atteindre des taux de participation très élevés, autour des 90 %, ce que permet une mesure – certes coercitive – comme le vote obligatoire. 23 Lijphart A., « Unequal Participation. Democracy. Unresolved Dilemma », in American Political Science Review, vol. 91, n°1, 1997, p. 1-14 ; Birch S., op. cit., 2009 ; Engelen B., « Why Compulsory Voting Can Enhance Democracy », in Acta Politica, vol. 42, n°1, 2007, p. 23-39. L a pa rt ic i pat ion é lec t or a le rée l le et pot ent ie l le 7 5 Étant donné que les partis et leurs leaders ont tendance à ne s’occuper que des intérêts des gens qui votent et que la professionnalisation de la politique leur permet de mieux distinguer les caractéristiques de l’électorat « mobilisable » de celles de la partie de la population qui ne se rendra de toute façon pas aux urnes (les enquêtes de sociologie électorale constamment utilisées par les spin doctors, les « communicants » des élites politiques), il est probable que les dirigeants politiques manifestent moins d’empressement à s’occuper des problèmes des franges de la population qui ne s’expriment pas lors des élections. Des catégories déjà défavorisées et davantage dépendantes de l’intervention publique (les moins éduqués, les couches sociales les plus basses, les plus âgés), parce qu’elles seraient sous-représentées parmi les électeurs si le vote n’était plus obligatoire, risqueraient d’être encore plus négligées par des élites politiques tentées de cibler leurs programmes et actions sur les électeurs restants. La fracture entre dirigeants et dirigés n’en serait que plus grande et la cohé- sion sociale pourrait elle aussi s’en trouver endommagée. En conclusion, supprimer l’obligation de voter en Belgique ne serait ni sage ni opportun. De plus, une fois supprimé, il est peu probable qu’une marche arrière soit possible. Même si sa suppression révélait des effets négatifs non escomptés, il y a en effet peu de chances que le vote obligatoire soit réinstauré. Le risque de rendre les absentéistes irrécupérables en termes de participation est grand si le système rend acceptable ce comportement. Les analyses comparées concernant la culture politique (civique) des citoyens et l’observation du comportement de nos élites politiques indiquent que ce risque est encore plus important en Belgique
URI: http://hdl.handle.net/1942/21443
ISBN: 9782875582928
Category: B2
Type: Book Section
Appears in Collections: Research publications

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